Je dis adieu au freelance !

Je dis adieu au freelance !

J’ai longuement réfléchi avant d’y mettre un terme. Être à mon compte était un rêve de longue date et le fait de tout arrêter n’était pas simple. Il y a eu une GROSSE remise en question et vous savez ce que c’est, lorsqu’on se retourne le cerveau dans tous les sens pour pouvoir avancer et bien on n’avance pas, on stagne. 

J’ai donc eu une période de stagnation côté freelance. J’avais mis de côté merchnclo et des missions qu’on me proposait. Je n’en avais plus envie. Je pense que j’ai fait ce qu’on appelle un petit burn out du Freelance dû à mes dernières missions qui ne se sont pas bien passées. J’ai déchanté…

Dans cet article je vais tout vous raconter ! Je ne citerai pas le nom des entreprises pour qui j’ai travaillé et je les appellerai par des lettres alphabétiques 🙂

Mes débuts en tant que Visual Merchandiser Freelance

Parlez-en autour de vous !

2017, je suis proclamée officiellement auto-entrepreneur. Youpi, mon aventure de femme d’affaire commence enfin ! 

Je n’ai même pas besoin de faire de recherche de clients, j’en ai déjà trouvé une avant même de faire ma création de statut. Enfin c’est plutôt elle qui m’a trouvé. 

Vous vous demandez comment j’ai fait pour trouver une cliente aussi rapidement ? Eh bien, avant de créer mon statut, lorsque j’étais encore salariée, j’en ai parlé à tous mes collègues. Et grâce à cette action, ils en ont parlé autour d’eux. Et un jour, une ancienne collègue me dit qu’une de ses amies recherchent une visual merchandiser freelance pour une enseigne de chaussures. BINGO !

C’est souvent un des premiers conseils que je donne pour se lancer en Freelance « parlez-en autour de vous ! ». 
Même si vous n’avez pas encore votre numéro siret. Le fait d’en parler vous positionne en tant que tel et vous donne de l’auto-crédit 😃

Ma première mission

Revenons à cette première cliente qui travaille pour l’entreprise A. Il faut avant tout que je vous raconte l’anecdote de notre première prise de contact. 

J’étais partie dans le sud rejoindre mes parents. Posée sur mon transat dans le plus grand des calmes, les doigts pied en éventail, je reçois un message de ma collègue : 

« Chloé, j’ai trouvé une cliente pour toi ! Une ancienne collègue devenue directrice de collection. Elle recherche une visual merchandiser pour implanter ses produits dans différents magasins. Je lui ai donné ton numéro, elle va t’appeler là »

LÀ ? GENRE MAINTENANT ? WHAAAAT ??!!! OMG comment je fais ?! Je n’ai rien préparé, je ne sais même pas comment me présenter, je n’ai même pas réfléchi à mes prix et je suis en maillot de bain. C’est une catastrophe. Je cours m’enfermer dans ma chambre, loin du bruit des cigales (sinon je suis grillée) et je me prépare une sorte de bureau sur mon lit. Je me concentre, prépare un discours rapidos et vu que je n’ai pas le temps de réfléchir du pourquoi du comment je décide d’avoir un taux journalier de 250e. Quel cadeau quand j’y repense… Anyway la cliente m’appelle. 

Je m’étonne moi-même : je ne bégaye pas, je lui parle comme si j’avais toujours fait ça (et pourtant j’étais fébrile !).
Elle m’explique qu’elle a besoin d’une visual merchandiser pour créer une harmonisation et un message commun entre toutes les boutiques. Les responsables de boutique font le merch à leur manière et forcément l’enseigne n’est pas reconnaissable.
Pour moi c’est parfait, c’est exactement que je faisais en tant que visual merchandiser amont : segmenter l’offre en groupe de famille, expliquer les normes, faire des planogrammes, mercher mes produits et mettre tout ça dans un guideline. Je lui explique donc sur quoi il faut travailler, on parle chiffre et on valide. C’est dans la boîte ! Voici l’anecdote qui m’a permis d’avoir ma première cliente 😅

Et les problèmes arrivent…

Premier problème : la collection est plus que classiquecobasique. Il s’agit de la collection crée par l’ancien directeur de collection. Ma cliente a été embauchée pour donner un coup de jeune à l’enseigne. Cela faisait 35 ans que l’enseigne travaillait sur le même style de chaussure…Ouais là il faut un grand ménage de Printemps/été/automne/hiver.
Donc, mon job est de créer un merch vendeur avec des chaussures qui se ressemblent TOUTES. Je dois détourer je ne sais combien de modèles (heureusement je l’avais compté dans mon devis) et en plus chaque boutique n’a pas le même parc de chaussures, mais quel casse tête.

C’était déjà le cas quand je bossais à la HALLE, on faisait des planogrammes avec les références les plus communes du parc et les visual merchandiser terrain venaient ensuite rectifier le tir. Sauf que là, il n’y a pas de merch terrain + les responsables de boutique ne connaissent rien au merch. Je dois trouver les références les plus communes en analysant le plan de collection. Il ne faut plus être pédagogue là il faut être une magicienne.

Je fais tout de même comprendre à ma cliente qu’il faudra me rajouter une mission de merch itinérante pour la réussite de cette mission. Je sens la catastrophe. Elle me fait comprendre que ça risque d’être compliqué à cause du budget. La réponse que l’on aime tant. Je préfère la prévenir, je ne ferais pas le SAV du merch sinon il faudra me payer. 

Je lui fais une première proposition de mon guideline en sachant que j’ai mis plusieurs jours à comprendre et analyser leur plan de collection. Le plan n’était pas du tout optimisé, je devais à chaque fois checker avec un deuxième tableau sur Excel. Bref, L’HORREUR.

La première propal ne lui convient pas, je dois la modifier. Je modifie, ça ne lui convient toujours pas. Évidemment je n’avais pas pris en compte dans mon devis le fait que les modifications seraient payantes à partir d’un certain nombre de demande. Au final, je dois changer mon guideline je ne sais combien de fois pour des histoires d’alignements qui ne lui conviennent pas. Je sais qu’à ce moment-là je n’étais pas aussi pointilleuse qu’aujourd’hui. Mais là on parle d’alignement au mm près, je passe des nuits blanches à faire toutes ces modifications car, je reçois les réponses la veille pour envoi le lendemain à 8H PILE. J’ai une vie quand même à côté.

Bref, on arrive à la version finale. Je sens qu’elle n’est pas satisfaite mais elle s’en contente. Quand tu débutes et que tu n’as pas encore toute la confiance en toi nécessaire, tu te dis que tu n’es pas si douée que ça. En plus, je me rends compte que même en étant freelance, je ne suis qu’une exécutante. Je dois travailler à SA façon selon SON TEMPS. Je comprends surtout que je n’aime pas cette partie du merch. Il n’y a aucune créa, à part dans le dessin des planogrammes. YAY. 

Ah et bien sûr même en les ayant averti que je ne ferai pas de SAV (et que je refuse donc que l’on donne mon mail), je reçois des mails des boutiques. Je n’ai évidemment pas répondu.

Bon c’est ma première mission, j’essaie de garder la tête haute et de ne pas m’arrêter sur cette première expérience, je dois persévérer en me faisant respecter. Elle fait appel à moi une deuxième fois. J’accepte. Et rebelote. En plus j’accepte de donner une formation gratuite pour expliquer le nouveau guideline. Naïveté quand tu nous tiens.

Conclusion de cette première mission

  • Ne pas se laisser faire, savoir montrer les dents et mettre les poings sur la table. Savoir dire non. Ne plus faire ce genre de mission.

Grâce à cette mission, je grandis et je comprends ce que je veux vraiment faire. Je veux être dans la création et plus exactement la création de concept de boutique. Autrement dit du retail design. Je me rends compte que le commerce français a un ÉNORME retard sur l’expérience client. Je veux allier les deux. Mais comment trouver des clients quand on a peu de missions à montrer dans ce domaine ? On accepte des missions gratuites et on se crée des missions. Je vais tout vous expliquer.

Faire des missions gratuites 

Lorsque j’ai compris que je souhaitais allier retail design + expérience client, je n’avais pas assez de missions à montrer pour m’imposer dans ce domaine. Il fallait donc que je montre de quoi j’étais capable. Mais comment y remédier ? En s’inventant des missions et en travaillant gratuitement pardi !

Avant de vous raconter la suite, j’ai pu faire ce « travail gratuit » car j’avais fait en sorte de toucher le pôle emploi avant de me lancer. J’avais mon filet de sécurité le temps d’affiner mon Freelance. Je mets gratuit entre guillemets car, certes gratuit en terme monétaire mais payé en terme d’expérience. On boit son verre à moitié vide ou à moitié plein 🙃

Montrer son univers

Je devais montrer que j’étais capable d’utiliser un logiciel 3D (impossible de faire sans si on veut bosser dans le retail design). Je devais également montrer ma créativité et mon univers. J’ai commencé à refaire le relooking de mon ancien appartement. Euh mais Chloé, ça s’appelle de la décoration d’intérieur… Oui c’est vrai mais ça dépend de comment on le présente. Le fait de montrer mon intérieur, mon intimité et mes goûts donnaient tout de suite la donne sur mes inspirations et ma personnalité. J’ai réfléchi ce relooking comme je réfléchis un concept de boutique: Donner une personnalité à un appartement blanc et froid qui manque de rangement pour le transporter dans un univers Memphis/Art Déco en créant plus d’espace de rangement, à la demande de la cliente ! Oui ce n’est pas du retail design mais au moins j’ai une autre mission à présenter 🙃

Et la chance est encore avec moi

Une collègue me parle d’une association qui recherche une décoratrice/scénographe pour leur futur événement. L’association aurait aussi besoin d’imaginer le lieu de leur futur local. Qui dit association dit bénévolat. Pas de souci, je prends ! En plus le fait de travailler avec une asso me rassure car l’état d’esprit se doit d’être bienveillant.

J’ai travaillé pendant deux années consécutives pour cette association. Le 1er événement a eu un succès incroyable (sans me jeter de fleurs). J’ai dû décorer une salle des fêtes datant des années 80 (je vous laisse imaginer la déco…) avec un budget minime mais le résultat était là. J’ai organisé des ateliers manuels pour créer de la déco pas cher, j’ai construit un bar en palette alors que je n’avais jamais fait cela auparavant, j’ai managé et j’ai énormément appris. Le jour j, lorsque j’ai vu la réaction des invités et que certaines sont venues me voir les larmes aux yeux, j’ai su que c’était exactement ça que je voulais faire: Susciter de l’émotion, donner un moment de bonheur. 

La deuxième année a été aussi très réussie mais les allers-retours constants commençaient vraiment à me fatiguer, j’avais plus d’une heure de trajet à faire. Il y a des fois où j’y allais des jours consécutifs. Je m’étais de côté le fait d’avoir de potentiels clients qui pouvaient me payer. Il était donc temps pour moi de mettre fin à cette belle expérience et de mettre en avant ces nouvelles compétences acquises.

Conclusion de la mission

  • Avoir de nouvelles missions à présenter
  • Gagner en expérience
  • Comprendre quelles sont ses faiblesses et quels sont ses points forts
  • Établir une méthodologie de travail
  • Pouvoir estimer son temps de travail sur une mission

Faites des devis même si ce n’est pas déclaré 

Voici THE conseil que je peux vous donner. Certaines refuseront sûrement de faire des missions non déclarées. Mais pour celles qui y passeront peut-être, faites un devis ! Même si ce devis n’aura aucun poids pour un non paiement, il vous permettra néanmoins d’avoir un élément de pression. 

Ce qui m’est arrivé 

L’univers a continué de me gâter. Mon copain rencontre J cherchant une scénographe/visual merchandiser pour créer un stand durant un salon. Il lui parle de moi, BINGO ! Ma première mission en tant que Retail designer. 

Ce projet devient plus qu’une simple mission car il y a tout un travail historique à faire qui me touche particulièrement. On me laisse carte blanche, je me donne à 200%. Le jour-j arrive et cette fois-ci, c’est moi qui ai les larmes aux yeux. Je vois ma 3D se monter en vrai au fur et à mesure devant moi.

Les invités du salon arrivent, le stand devient l’attraction de la journée. Tout le monde hallucine sur le travail effectué, tout le monde se prend en photo. C’est donc bien pour ça que je suis faite, créer des concepts et de l’expérience client. 

Une fois l’adrénaline et l’endorphine passées, la réalité me rattrape. Je vois que ma « pub » n’a été faite nulle part… enfin si on m’a tagué sur une seule publication ou story je ne sais plus, en me remerciant. Aujourd’hui un freelance perdure grâce à sa visibilité sur les réseaux. Sauf que là on met clairement l’entreprise en avant plus que la Freelance… Bonjour, je suis la fille de l’ombre. Mais bon bref, je suis payée même si ce n’est pas en temps et en heure et que je dois leur courir après mais je suis payée. 

Ne jamais faire 100% confiance

Après le succès du premier événement, ils font de nouveau appel à moi pour un autre super projet. Tout se fait très rapidement et étant donné que je leur fais confiance car je crois en l’humain (lol), on parle de prix sans l’officialiser mais pour moi c’est ok. 

La mission met du temps à se mettre en place une fois la validation de la 3D. Je dois attendre l’aide de la personne qui s’occupe des travaux de l’entreprise mais il a plein de chantiers à finir avant. Tant que les gros travaux ne sont pas faits,  je ne peux pas travailler. Même si je n’y suis pour rien, ça me met une pression de dingue. Tout va se faire au dernier moment, ce sera le rush total et je sens que je vais devoir gérer ça toute seule. 

On me met dans des situations très embarrassantes. J’avais fait appel à un ancien camarade de classe pour qu’il fasse des tags, je voulais faire une ambiance « underground ». Il s’est vraiment donné à fond et a fait un travail dingue. Un jour il m’appelle pour me dire qu’il n’a toujours pas été payé alors que J lui avait promis de lui donner son argent à temps. Il ne répond pas à ses appels. Je me sens super mal, j’appelle J il me dit qu’il va gérer ça. Je me bagarre pour la paie de mon pote alors que je n’ai moi-même pas été payée. Au final, il me semble qu’il a dû attendre plusieurs semaines avant de recevoir son argent.

On me dit de contacter une artiste faisant du collage urbain. Je dois l’appeler pour qu’elle nous fasse un collage gratuitement car elle leur « doit un service ». Euuuh, alors je ne connais pas cette fille et je n’ai pas à gérer ça. Mais évidemment je la contacte quand même (qu’est-ce que je m’énerve). Elle ne comprend pas vraiment qui je suis et pourquoi elle devrait rendre un service à qui ce soit. Je lui explique qu’on m’a demandé de lui écrire de la part de J. Je sens qu’elle n’est pas totalement ok avec cette façon de faire. J’étais super mal à l’aise. Elle m’envoie quand même quelques-unes de ses oeuvres. Et vous savez quoi ? On n’a jamais utilisé ce qu’elle m’a envoyé (LOL). Là on dit « tout ça pour ça 😃» 

Un pour tous, tous pour…personne

Le jour-j arrive et évidemment tout a été fait au dernier moment et du coup j’en paie les frais. Merci intuition de m’avoir prévenue. Je suis complètement dépassée, j’ai 10 000 choses à terminer et personne ne vient m’aider.« Lonelyyy I am miss lonelyyyy, I have nobodyyyy ». L’événement est censé commencer à 19 h. À 19 h 20, je n’ai toujours pas fini. Je me retiens de pleurer et je garde la tête haute. Je termine mais je ne finalise pas comme je le voudrais. Malgré tout le succès est là, les clients adorent, se prennent en photo et profitent de l’expérience. Ce qui me redonne le sourire. Mais voilà encore une fois, la réalité me rattrape :  Aucune visibilité sur les réseaux, zéro, niet. 

Pour mon paiement c’est aussi une autre histoire. On ne me paye pas la totalité de ce que j’avais demandée. J’appelle, on ne me répond pas. J’envoie des messages, on ne me répond pas. J’avais envie de débarquer là-bas et de faire une scène. Mais je ne suis pas comme ça. 

Quelques mois plus tard, J ose prendre de mes nouvelles comme si de rien était, je lui explique que ça irait mieux si j’avais été payé correctement. Il me sort tout un plaidoyer. Pas envie de continuer, je m’assois sur mes XXXX €. Vous allez me dire « mais tu es complètement folle » ouais peut-être mais outre l’aspect financier ce qui m’a le plus blessé c’est l’aspect humain et le fait d’avoir été prise pour une idiote.

La cerise sur le gâteau

Je reçois un message de leur cheffe de communication : le stand que j’avais fait lors de ma première mission qu’ils ont installé cette fois-ci à la foire de Paris a reçu le 1er prix du plus beau stand. Elle me remercie et me dit que sans moi ça ne serait jamais arrivé. Merci de le reconnaître et merci de me prévenir. Là j’avoue que j’ai senti un petit coup de poignard transpercer mon coeur. J’avais avant tout gagné mon premier prix, non ?

Conclusion de cette histoire

  • Vos clients ne sont pas vos copains, même s’ils sont super amicaux, c’est avant tout vos clients
  • Si c’est une mission non déclarée, faites un devis qui reprend point par point ce que vous avez convenu ensemble et faites lui signer
  • Convenez avec votre client qu’il vous fasse de la pub sur les réseaux
  • Ne vous laissez pas faire
  • Trust in you mais ne faites pas confiance aux autres

Faire comprendre à votre client que vous n’êtes pas sa salariée attitrée et que vous avez une VIE !

Je galère à finir cet article car je me replonge dans des souvenirs qui ne me sont pas agréables. Mais bon c’est peut-être ce dont j’avais besoin pour tourner la page et me rendre compte de mes erreurs.

 La mission qui m’a achevé 

Pour cette mission, c’est moi qui ai provoqué ma chance, ou pas. 

Je reçois un message d’une copine me disant qu’elle a vu une mission qui pourrait m’intéresser. Il s’agit d’un incubateur qui recherche sa nouvelle décoratrice en Freelance. Comment vous dire que ce fameux incubateur, je le connais bien et a un univers ouffissime: C’est coloré, c’est bling-bling, c’est jungle et un peu kitsch sur les bords. Je dis ouiiiiiiiiiiii ! 

Il s’agit vraiment de créer des univers pour leurs événements et de faire kiffer les gens. Je postule de partout, vraiment PARTOUT ! J’envoie des mails à des adresses différentes, j’envoie des DMs Insta à plusieurs comptes de la boîte, j’envoie des messages sur LinkedIn. IM FUCK*** EVERYWHERE GUYS! Mais…Pas de réponse. Shit. Ils ont dû déjà trouver quelqu’un. OUIN OUIN.

Quelques jours plus tard, je reçois un mail. Cette personne qu’on appellera cette fois-ci N, me contacte en m’expliquant que la CEO de l’incubateur leur avait transféré mon profil. Bon au moins mon gross hacking avait servi à quelque chose.

N travaille pour une Start-up qui s’appelle K. Ils veulent se lancer dans le « pimpage » de bureaux d’entreprise (le Facebook bureau effect) et a besoin d’une personne n’ayant pas peur de proposer de nouvelles idées innovantes et qui sortent du lot. Ne m’en dis pas plus baby, I’m here !
N me dit que pour cette nouvelle mission test, elle sera cheffe de projet même si normalement ce n’est pas son travail. Bon normalement cheffe de projet est un métier qui demande des compétences spécifiques. Je me dis qu’ils ont dû se préparer en amont. Ce premier rendez-vous se passe super bien. Le lendemain, j’ai la réponse : je suis choisie, j’étais super contente !

Attente du client= 1 – Projet réalisable=0

Une première mission montre le bout de son nez pour une Start-up spécialisée dans la création de messagerie online. N me fait le brief de la mission : 

« Un projet « pimp mon bureau » à 15K€ de budget total pour 747 m², c’est faisable ? Date d’emménagement : 2 mai ».

Je reçois le mail le 9 avril. Moins d’un mois pour relooker 747m2. LOLILOL.

N est vraiment arriviste et opportuniste car elle me parle surtout de la marge qu’elle peut se faire dessus. Je comprends que le but est avant tout de se faire de l’argent mais faut être un minimum réaliste.

Je lui explique que c’est impossible de relooker 747m2 en moins d’un mois : le temps de créer des planches tendances, d’attendre les validations, faire la 3D, re-attendre les validations, faire le listing d’achat, re-re-attendre les validations, faire les achats, les réceptionner (à temps bien sûr car il y avait plein de jours fériés) et ensuite faire l’installation. Not possible.

Ma solution est de découper la salle partie par partie et de la « pimper » au fur et à mesure. Je lui dis également qu’il faut être transparent dès le départ avec le client et lui dire que la date du 2 mai sera forcément dépassée dû aux différents jours fériés qui arrivent. Les fournisseurs vont prendre du retard.

On décide aussi de ne pas proposer de 3D car la modélisation va me prendre du temps. Je suis très mitigée par cette décision. La 3D c’est la base de mon travail, mon repère pour éviter les erreurs. Mais N est super déterminée et veut vraiment faire cette mission. Mon intuition me dit que je ne devrais pas l’accepter mais I need MONEY !

Notre première intuition est toujours la bonne  

Une fois le devis envoyé, on organise un rendez-vous. On rencontre non pas les CEOs (ils sont 3) mais la chief happiness manager (oui oui ce poste existe, c’est so Start-up) qui est en charge de cette mission.

Bon déjà le premier souci c’est que N me demande de dire que je fais partie de l’entreprise et pas que je suis en freelance. AWKWARD et surtout très malaisant dans le cas où la cliente me demande depuis combien de temps je fais partie de la team K. Est-ce que je dois donc mentir et montrer mes talents de comédienne ? La réponse est oui et ça s’est produit. On aime, on adore. Encore une fois, cette situation aurait déjà dû me mettre la puce à l’oreille. Le rendez-vous se passe super bien, nous sommes choisies pour le projet. Mon futur pire cauchemar.

Avant de commencer, je conseille à N qu’il nous faut au moins un interlocuteur auprès des CEOs car sinon les allers-retours ne vont pas s’arrêter et là on ne peut pas se le permettre. Bon au final, je suis aussi chef de projet hein.

Sexiste un jour, sexiste toujours

Je commence à bosser sur mes planches, je travaille en parallèle sur mon listing d’achat pour pouvoir faire valider en one shot. Mais ce dont je craignais arriva, les retours sont flous et mettent du temps à arriver. Les mails sont envoyés à la chief happiness qui doit ensuite les envoyer aux 3 CEOs qui doivent se mettre d’accord. Je dis à N qu’il faut qu’on change de méthode et qu’on prenne rendez-vous car là on perd trop de temps et clairement ce ne sera pas un retard de 3 jours mais de plusieurs semaines. 

On obtient donc un rendez-vous avec l’un des CEOs. Cool, on va enfin avoir de vraies réponses et pouvoir activer les achats. 

On ne m’a jamais accueilli avec autant d’impolitesse. Le CEO nous salue en se trompant dans le nom de l’entreprise (lol). Il nous parle de manière condescendante et paternaliste. Je sens le petit mec qui sort d’école de commerce et qui se croit au-dessus du peuple. Il nous dit qu’il n’a que cinq minutes à nous accorder car il a un rendez-vous après donc « faut que ça se fasse vite ». LA GROSSE BLAGUE. Ce rendez-vous était décisif pour finaliser les achats et limiter les retards de livraison.

Je suis en train de bouillonner sur place. J’ai juste envie de prendre mes affaires et me casser. Et ça ne s’arrête pas là. Je lui présente donc « rapidement » mes idées et lui montre le listing d’achat. Mais ce jeune homme ose me prendre de nouveau de haut et me lance un :

« Moi je vais t‘expliquer comment tu devrais travailler car là ce n’est pas bon, ce que tu devrais faire c’est blablabla, tu es « designer » tu devrais le savoir ».

Blanc. Evidemment il me parle de choses que je ne pouvais pas faire par manque de temps et le savait très bien.

Je sors de ce rendez-vous hors de moi. Je dis à N que s’il ose me reparler comme il l’a fait, je ne fermerai pas ma bouche et qu’à partir d’aujourd’hui elle gère avec lui. Moi c’est fini. Mais ce que j’aurais dû surtout faire, c’est tout annuler et rompre le contrat (encore une fois). À ce moment précis, j’ai compris qu’il allait nous causer beaucoup de problèmes. Mais je devais persévérer et allait jusqu’au bout. 

Et là c’est le drame

Comme prévu, tout se passe mal. Même très mal. En tant que freelance (enfin free-lance cachée), je suis censée faire seulement les missions actées sur mon devis. Mais je porte aussi la casquette de chef de projet. N m’harcèle H24 : Appel, mail, WhatsApp tout est bon pour me demander un avis sur tout. Je dois gérer des choses que je n’ai pas à gérer. Je dois consacrer 100 % de mon temps pour eux.

La veille du jour de l’installation coup de massue. On s’organise pour le lendemain et je lui pose la question :

« Du coup on sera combien pour le montage des meubles, l’installation etc ? Il y a un travail énorme qui nous attend »

Pour moi une Start up qui ouvre ce genre de service s’est préparé en amont. On se renseigne, on regarde comment fonctionne les autres entreprises et dans les débuts on demande aux équipes commerciales & co de filer un coup de main.

La réponse de N en pouffant de rire:

« Bah on ne sera que toutes les deux, tu crois vraiment que l’équipe commerciale et autres vont venir nous aider ?! »

Bah oui en fait. Ce service est votre nouveau bébé, pas le mien. Même si ce n’est pas leur métier, c’est normal de leur demander de l’aide. J’ai toujours vu cela dans les différentes entreprises pour qui j’ai travaillé. On a donc 400m2 à gérer à deux en sachant qu’il y a des meubles à monter, de la vitro à mettre en place et tellement d’autres choses. Elle a sûrement cru que j’étais magicienne. Je l’aurais su plus tôt, je me serai organisée autrement pour prendre quelqu’un du métier.

What goes around, comes around

Et les emmerdes se sont enchaînées : On embauche une personne pour nous aider à monter des meubles mais il est incompétent et nous retarde. Certains meubles commandés ne sont pas arrivés et certains ne sont pas aux bonnes dimensions. Je n’avais pas fait de 3D. J’ai dû tout faire à la va vite. Je n’ai pas pris les bonnes mesures.

Mes journées commençait à 6h et finissait à minuit, je devais rattraper les erreurs. N me sollicitait constamment pour être là pendant les réunions avec les CEOs et régler d’autres problèmes qui ne me concernaient pas. J’acceptais car je culpabilisais. Cette mission a été un échec. J’essayais de me rassurer en me disant que je n’étais pas à 100 % responsable. J’avais tout fait pour que ça fonctionne et avait averti N des problèmes qui allaient se produire. Je n’ai pas été assez ferme. Je n’ai pas assez mis les poings sur les tables.

Cette mission au lieu de ne durer que quelques jours s’est prolongée sur plusieurs mois.
Entre temps, j’avais accepté de faire une deuxième mission avec N (oui je sais même moi je veux me frapper sur les doigts). Son harcèlement continuait même pendant mes vacances. Pourtant je l’avais prévenu que je partais avant même de la commencer. Je reçois des mails, des WhatsApp. Je pète un câble. C’est la dernière mission que je fais pour eux.

Heureusement la dernière mission s’est bien passé et les clients sont contents. Mais N m’a ruiné mon énergie et ma passion. C’est après cette mission que j’ai eu le besoin de me recentrer, de respirer et de peser le pour et le contre de mon Freelance. Je me rendais compte que je donnais énormément d’énergie, de temps et d’idées pour au final un revenu moindre et zéro reconnaissance. 

Conclusion de cette mission

  • Ne pas avoir peur d’établir ses propres règles et de dire NON
  • Poser toutes les questions qui vous passent par la tête même celles qui vous paraissent « bêtes » pour éviter les non-dits et les mauvaises surprises 
  • Apprendre à ne pas répondre surtout quand on n’est pas sur ses horaires de travail et ne pas culpabiliser
  •  Apprendre à pousser des gueulantes constructives quand on n’est pas d’accord 

Voici mes conseils pour mener à bien votre Freelance 

Vous l’aurez compris, se lancer en Freelance est une expérience géniale (si si je vous rassure) mais il faut se préparer un minimum.

1 er conseil : si vous le pouvez trouver un CDD qui vous ouvre vos droits au Pole Emploi avant de vous lancer en Freelance. Cela vous permettra d’affiner votre micro-entreprise et d’avoir un filet de sécurité.

2 ème conseil : si vous n’êtes pas vraiment branché administratif (comme moi 🙃 ), il existe des plateformes qui vous aident et vous conseillent. Rien de pire que perdre toute son énergie et son temps dans l’administratif. Car préparez-vous, cela va forcément vous arrivez et l’une des premières questions sera : est-ce que je dois être chez la Maison des artistes ou à l’Urssaf ? Et là bonjour la galère pour avoir UNE réponse concrète. 

3 ème conseil : N’ayez pas peur de commencer avec un tarif élevé, digne de vos compétences et de vos services. Comme on me l’a dit un jour, tu vaux ce que tu coûtes et tu coûtes ce que tu vaux (oui il faut se concentrer un peu mais c’est bien vrai).

4 ème conseil : IMPOSEZ-VOUS, n’ayez pas peur de montrer les crocs quand il le faut ! Vous êtes votre propre patronne et si on fait appel à vous, c’est qu’on a besoin de vous, non ? Donc faites-vous respecter en tant que telle. Who run the world ?! Les VMS !

5 ème conseil : pour chaque mission, posez toutes les questions qui vous passent par la tête même celles qui vous semblent logique ou bête. Ce qui est logique pour vous ne l’est peut être pas pour votre client. Cela vous évitera les surprises de dernières minutes et les non-dits !

6 ème conseil : kiffez votre nouvelle aventure, même si vous avez des coups durs. Il n’y a pas d’expérience négative ou d’échec mais que des leçons qui vous donneront une réelle expérience 🙂

Quels sont mes projets aujourd’hui ? 

Se poser les bonnes questions

L’arrêt de mon Freelance était une décision dure à prendre mais nécessaire pour moi. Pour autant je ne voulais pas laisser de côté Merchnclo. Le compte Instagram avec lequel j’ai débuté et avec lequel j’essaie de démocratiser le VM en créant de nouveaux médias : un blog, un podcast, une communauté VM sur Facebook. 

J’aime le fait de partager ma vision du merch, de conseiller, de partager mes connaissances, de rencontrer des VMs en devenir ou des VM établis et que l’on partage nos points de vue.

J’ai compris que j’aimais transmettre mon savoir et j’ai alors créé @tutos.merch, un compte sur lequel je donne des tutos/trucs&astuces merch. J’ai d’ailleurs fait un tuto pour devenir freelance ici !

Et si la réponse était de me lancer dans la formation ? Transmettre ma passion avec ma pédagogie ? Bim, Merch Academy est né !

Merch Academy : La première formation en ligne

Merch Academy est une formation en ligne pour devenir Visual Merchandiser. Je commence avec un premier module sur l’initiation des bases du Visual Merchandising. Je m’adresse à des profils qui veulent en savoir plus sur le métier avant de se lancer dans une école de visual merchandising ou pour celles qui souhaiteraient maximiser leurs chances d’être acceptées à l’école ou en entreprise dans le cas d’une alternance.

Ce sera une mise à jour de tout ce qu’un VM doit savoir : le rôle du VM, les différents métiers, les comportements d’achat client, analyser son offre, les techniques merch et les différentes implantations, le rôle de la vitrine et j’en passe 🙂

Créer mon école de visual merchandiser freelance

Mon but est de créer une école en ligne pour devenir VM en Freelance avec une tout autre pédagogie qu’une école peut offrir. Je veux rétablir le métier de visuel merchandiser à sa juste valeur ! 

La formation se composera:

  • D’un deuxième module pour créer une vitrine à travers un guideline
  • D’un troisième module pour créer un concept boutique en 3D. Je veux que ces modules soient concrets. Les réalisations seront donc de vraies missions à présenter au client. Like a real Freelance !
  • Et pour terminer, un quatrième module pour créer et construire son profil/statut Freelance. 

Je veux créer une école adaptée aux besoins de la société actuelle : une formation rapide, approfondie et qui donne toutes les cartes pour créer son empire. À l’issu de cette formation, je veux que mes élèves révolutionnent le monde du retail et de l’expérience client. Je veux qu’ils aient ce mode de pensée en 360 degrés pour penser à chaque petit détail. Ce petit détail qui fait toute la différence !

Si vous voulez en savoir plus, je vous donne rendez-vous sur merchnclo.com 😁

Et sur ce, je vaque à mes nouvelles occupations !

2 comments

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  1. Ines Ouni

    septembre 7, 2020 at 12:40

    Merci d’avoir partagé to expérience avec nous. Tu es vraiment l’une des personnes les plus douées et passionnées par ce métier!

    • Merchnclo

      septembre 10, 2020 at 11:29

      Waouh! Merci énormément pour ces beaux compliments Inès ! je pense que nous sommes toutes passionnées et douées à notre manière 🙂

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